ANATOMIE DE L'ENFER

un film de: CATHERINE BREILLAT

France année: 2002 - genre: drame - durée: 1H17

Avec:
Amira Casar - Rocco Siffredi - Rosanna Arquette - Alexandre Belin

Résumé:
Dans ces lieux où l'on se côtoie sans se rencontrer. Où la musique gère la pulsion des corps. Il danse, lui, son languide fiancé, le regard tourné vers lui-même. Il ne la regarde pas. Il est bien trop occupé à fondre son corps à l'hydre primordiale faite du corps des hommes. Ils sont tous beaux, ils n'aspirent qu'à se reconnaître dans la beauté de l'autre. Elle est la fille. Elle est habillée de noir. Si jeune et déjà vêtue du deuil d'elle-même. Dans les toillette, elle prend un rasoir et entaille son poignet. C'est ainsi qu'ils se rencontrent. Désormais elle prend sur lui le pour des victimes. Elle paiera le prix qu'il faut pour qu'il la regarde : "Par là où elle n'est pas regardable". Car c'est du regard des hommes qu'est constituée l'obscénité des femmes. Elle l'a choisi parce qu'il n'aime pas les femmes : "il est vierge de cela, dit-elle, et donc il ne peut être encore méchant". Singulièrement du tête-à-tête naît le désir... Et la haine meurtière qui l'accompagne. Ce territoire fantasmatique et affreux de l'obscénité, m'obsède. C'est le territoire pénal, celui du crime. Mais aussi celui des rêves crépusculaires, celui qui reste à déchifrer. Territoire symptomatique de l'art : Pour moi, il y a un "Impératif Pornog aphique". Filmer des images interdites, galvaudées maintenant mille fois dans l'industrie porno, comme un ramassement de la réalité de ces images en soi. Comme si le cinéaste n'était pas celui qui se sert des images comme support. Se confronter à ces images. Dire : l'émotion véhicule le sens. Il n'y a pas de réalité tangible des images. On ne voit rien au cinéma. On ressent. C'est l'art de l'hypnose. Des images interdites, je voudrais qu'on ressorte "interdit". Ce n'est pas un jeu de mot : c'est l'enjeu. Pour moi ce film est l'épreuve du feu.